Interview du directeur Général Adjoint

 1.     Comment se porte la Zone Franche aujourd’hui ?

Je voudrais tout d’abord vous remercier pour l’intérêt que vous porté à la zone franche togolaise et l’occasion que vous me donnez d’en parler.
La zone franche se porte relativement bien. Je m’exprime ainsi à cause de la crise économique mondiale qui a eu des effets dommageables sur notre jeune industrie.
 
Je m’en vais donner quelques exemples : Selon les chiffres de nos statistiques 2009, le nombre d’entreprises en 2009 a baissé de 3,39% par rapport à 2008. Malgré cette baisse le nombre d’emplois a augmenté légèrement (0,33%) par rapport à 2008.
 
Pour la masse salariale distribuée aux Togolais : en 2008, elle avait augmenté de 20,8% par rapport à 2007 ; en 2009 elle n’a augmenté que de  0,1%.
 
De même, la croissance du chiffre d’affaires a connu une hausse de +3 points en 2009 contre 6% en 2008.
 
Des efforts sont en cours pour inverser ces tendances. Sur le plan juridique, le gouvernement a lancé un programme de révision des textes de la zone franche. Les nouveaux textes révisés visent à rassurer les investisseurs potentiels et actuels, par la sécurisation de leurs investissements et à rendre la zone franche plus attractive par son adaptation au contexte économique mondial.
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  
Notre optimisme est d’autant plus grand qu’il y a aujourd’hui quatre entreprises qui sont en travaux de construction accélérés. Il s’agit de SOTORAF (Société Togolaise de
Raffinage d’huile végétale), RODIS (spécialisée dans la parfumerie et les produits cosmétiques), SYNERGY LUBRICANTS (production de lubrifiants), AFRIPLAST (production de matériaux de construction en plastique) qui pourront créer, j’en suis persuadé, plus de 700 emplois. A cela s’ajouteront de nouvelles embauches avec la reprise.
 
2.      L’on pointe souvent du doigt les conditions de vie et de travail
des employés de la zone franche comme étant trop  précaires et peu enviables. Qu’en est-il exactement ?
 
C’est une question récurrente qui nous préoccupe nous-mêmes SAZOF en premier chef. La Direction de l’Emploi de la SAZOF, que je félicite au passage pour son courage et son sens du bien-être des travailleurs, à initié un ensemble de mesures dans le sens de l’amélioration continue des conditions de vie et de travail des employés.
 
A ce jour, sur la base des accords du 1er mai 2008, la grille salariale a augmentée de 15% pour les ouvriers, de 10% pour les agents de maîtrise, et de 5% pour les cadres ; Ainsi, je pus vous assurez qu’il n’y a plus de salaire en dessous de 30.000 F CFA. Nous sommes déjà au-delà du SMIG.
 
Concernant l’hygiène et la santé au travail, l’équipe de contrôle, coiffé par un médecin du travail, fait son possible en vue d’améliorer la qualité de vie des travailleurs. Leur travail a donné des résultats très appréciables.
 
Parlant de la précarité dont vous avez fait cas, la plupart des employés ont leur contrat de travail dans la zone franche et plus de 90% d’entre eux sont déclarés à la CNSS (Caisse nationale de sécurité sociale). C’est ça le rôle de la SAZOF qui ne se limite pas à la seule question de création des emplois, mais à leur qualité et à leur pérennité.
 
3.       Les employés ont-ils la possibilité de revendiquer, de s’organiser
librement en syndicat ou associations pour défendre leurs droits ?
 
Parlant de la liberté syndicale, la zone franche avait fonctionné sur la base des délégués du personnel qui négociaient avec les employeurs pour la défense de leurs intérêts, au même titre que les syndicats. Et je félicite d’ailleurs ces délégués pour leur collaboration et leur sens de négociation.
Par exemple, c’est suite à des négociations que nous avions obtenu en 2008, les augmentations dont je parlais plus haut.
 
Mais dans la dynamique de notre nouvelle vision, des syndicats sont nés depuis 2009. A ce jour, nous comptons en zone franche deux syndicats :
 
·        USYNTRAZOFE : l’Union Syndicale des Travailleurs de la Zone Franche d’Exportation, créée le 8 novembre 2009.
·        SYNTRAZOFT : Syndicat National des Travailleurs de la Zone Franche du Togo créé le 13 décembre 2009.
 
Ces deux syndicats ont tenu leurs congrès constitutifs, élu leurs bureaux et travaillent sans entrave ni du côté de la SAZOF, ni du côté des Chefs d’entreprises.
 
Vous voyez par vous-mêmes qu’il y a liberté syndicale dans la zone franche togolaise !
 
4.     Qu’envisagez-vous pour rendre plus reluisantes ces conditions de travail ?
 
Notre politique managériale en matière de gestion des emplois est basée sur la prévention et la gestion des conflits.
 
Il s’agit pour nous de prévenir et amorcer tous éléments susceptibles de créer des conflits en milieu de travail.
 
Nous veuillons en amont de manière à ce que les bonnes conditions de travail soient respectées ; qu’il n’y ait pas de licenciement abusifs, que les contrats de travail respectent le code de travail …
 
En aval, la promotion du dialogue social au sein des sociétés de zone franche fait partie intégrante de cette nouvelle politique. L’existence d’un dialogue social apaisé est nécessaire à la compétitivité de l’activité commerciale et industrielle.
 
Dans ce cadre, la Société d’Administration des Zones Franches a initié avec le concours du BIT des séminaires de formation sur la gestion des conflits sociaux et les mécanismes de médiation à l’endroit aussi bien des délégués du personnel que des Chefs d’entreprises. Tout ceci concourt à l’amélioration des conditions de vie des travailleurs.
 
Je vous remercie.

  
 
 
 
 
 
 
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